Courant d'air susceptible.
Débat passionné autour d’une tarte aux pommes. Mes invités ont lu le blog et découvert par là même les capacités de ma colocataire. Cette dernière le regard absent, sourit comme si elle n’était pas concernée. Un petit coup de pied sous la table histoire de lui réactiver l’attention. Elle râle, m’accuse de lui salir ses beaux “yéyés” neufs et m’informe que je ne mesure quand même pas deux mètres. Je grimace une moue qui se veut étonnée et relance la conversation.
M. sert le thé, un invité a la bouche circonflexe...
- L’eau est froide !
J’informe l’assistance que le taux de probabilité d’avoir un liquide chaud dans les tasses du premier coup est d’environ 50%. Tout le monde rit et ma coloc nie comme toujours.
Bruit dans la cuisine, les regards convergent vers les casseroles suspendues qui bougent sans raison apparente. M. pique un fard et baisse la tête très concentrée sur ses miettes de gâteau alors que je tente une explication rassurante mais bidon en accusant les courants d’air. Je connais le coupable et il me tarde de lui dire ce que je pense de sa prestation.
La soirée s’éternise, les invités bavardent entre eux, j’en profite pour rejoindre la médium qui se bat avec le lave vaisselle.
-Tonton H. te fait une bise.
- Et bien pas moi !
Ma coloc a l’air étonné quand je lui indique que je n’ai pas encaissé le coup des casseroles. Elle se marre et j’ai droit à une démonstration de mauvaise foi en traduction simultanée.
- Je me fais insulter devant des gens sans rien dire et madame refuse de me faire la bise. C’est le monde à l’envers !
- ... ?
- On ne m’avait encore jamais traité de courant d’air bordel de merde !
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