Deux lapereaux se sont invités dans le jardin. M. est aux anges, eux moins quand ils la voient !
Négociations infructueuses à cinq mètres de distance, ils ne veulent rien savoir de ses bonnes intentions. Sans doute le traumatisme d’un ancêtre qui a fini en civet !
- Bordel de merde si seulement j’avais mon fusil !
La traduction est venue comme souvent, spontanément. Ma coloc s’en veut et menace tonton H. de censure.
On a un lapin qui attend dans le congélateur mais bon ...
- Des terrines, des pâtés ... Et le lapin à la moutarde ??? ... J’ADOOORE !
Les lapereaux totalement déconnectés des fantasmes gustatifs de Tatie ont entamé une course poursuite. M. s’extasie en bêtifiant.
Je ne sais toujours pas comment ça marche là haut car les informations passent parfois à la vitesse de l’éclair. Arthur vient de débouler sans crier gare. Notre paysagiste mexicain s’émeut à l’idée
que d’hypothétiques salades aient pu souffrir de l’invasion des lapins.
Ma coloc traduit mais l’engueule.
Le téléphone sonne, M. rentre dans la maison en courant.
Notre médium en perpétuelle interprétation est une vraie nuisance sonore à elle toute seule ! On se jette sur nos bouquins respectifs en soupirant d’aise.
La porte s’ouvre.
- Cédric aimerait voir le grand prix de Barheïn, tu peux lui brancher le lecteur?
Je soupire, m’extrais de mon transat avec difficulté, branche le bon programme devant une entité qui se confond en excuse, je grogne et retourne dans le jardin.
Un lapereau me passe sous le nez affolé. Ma coloc s’extasie en hurlant par la fenêtre, je suis au bord de la crise cardiaque.
Un coup d’oeil autour de moi... Tatie a disparu, je fonce vers la véranda demander l’asile politique.